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Grève de jeudi: la CGT Educ’action appelle à la mobilisation face à une école «à la dérive»

Publié le mardi 18 avril 2017 à 9:42
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«Notre système public d’éducation à Mayotte est à la dérive». C’est un long constat qu’établit à son tour la CGT Educ’action pour appeler à la grève et à la mobilisation, avec une manifestation prévue à partir de 10 heures, ce jeudi 20 avril, devant le vice-rectorat. Le syndicat demande à la population et aux parents d’élèves de soutenir cette action et d’être présents sur le lieu du rassemblement, aux côtés de l’ensemble des catégories de l’éducation nationale. Il appelle enfin à un «choc d’investissement public dans l’éducation». Voici son message.

cgt-educ-action«Dans le premier degré, les conditions d’accueil des élèves ne s’améliorent pas: le nombre de salles de classe manquantes pour mettre un terme aux rotations est toujours de 400, dans de nombreuses écoles ces conditions sont toujours indignes d’un pays se voulant «développé», le matériel pédagogique et les fournitures scolaires sont inexistantes, les classes surchargées, sans restauration scolaire digne de ce nom… En outre, la réforme des rythmes scolaires a déstabilisé un peu plus le système avec des écoles appliquant dorénavant les «rythmes dans la rotation» ! Au final, le niveau général des élèves de Mayotte ne progresse pas et osons le dire, de l’aveu de nombreux observateurs, il régresse.

«Sur cette académie, le premier degré, là où se joue l’avenir scolaire des élèves, est abandonné.» Nous ne pouvons que reprendre à notre compte ce triste constat, fait récemment par l’intersyndicale des IEN du 1er degré, dont nous saluons au passage le courage et la clairvoyance.

REP = Rien en Plus !
Cet abandon du 1er degré a des conséquences dramatiques sur l’ensemble de notre système éducatif. En collège, les élèves non lecteurs et non scripteurs entrant en 6ème sont légions et les moyens matériels et humains ne permettent plus de les remettre à niveau, malgré le professionnalisme et le dévouement des collègues. Aussi, c’est dorénavant au Lycée que ces élèves arrivent, dans la voie professionnelle comme dans la voie générale et la voie technologique. Quant aux résultats globaux de nos élèves aux différents examens, il va sans dire qu’ils laissent dubitatifs la plupart des acteurs de terrain…

Mais comment pourrait-il en être autrement avec les moyens existants? Les écoles et les collèges de Mayotte sont classés en REP, mais que signifie cette appellation pour nos élèves ? «Rien En Plus», tout simplement, voire «Beaucoup En Moins». En effet, ce classement ne donne aucun moyen supplémentaire mais, au contraire, des effectifs par classe sensiblement supérieurs à ceux constatés dans les autres académies (24.9 en moyenne en France mais plus de 29 à Mayotte !). Par ailleurs, tous les collèges fonctionnent avec des effectifs globaux largement supérieurs à ceux prévus lors de leur construction (1400 élèves en moyenne dans les collèges de Mayotte), sans restauration scolaire, avec des équipements sportifs et culturels indigents et des équipes de vie-scolaire sous-dotées.

Qui sème le désespoir récolte la violence
Comment alors s’étonner de la progression constante des violences en milieu scolaire? Ces derniers jours, la situation a explosé dans de nombreux établissements : Lycée du Nord, Chiconi, Kahani, Dzoumogné, M’Tsangamouji, Passamainty, Pamandzi… Dorénavant, c’est dans l’enceinte des établissements que les violences se déroulent, avec parfois des armes blanches ! La surpopulation des établissements et donc la concentration d’adolescents fatigués et trop souvent affamés, en échec scolaire évident et pour qui l’école n’a plus aucun sens, ne peut que créer ou amplifier ce climat de violence.

Dans de nombreux établissements, comme au lycée de Chirongui, la dégradation des locaux et leur dangerosité n’est plus acceptable.

Dans ce contexte, nous soutenons les collègues qui décident, légitimement, d’exercer leur droit de retrait.

La solution, c’est l’éducation !
Pour la CGT éduc’action Mayotte, il est temps de regarder les choses en face. Notre système public d’éducation est à la dérive et il est plus que temps de se mobiliser. Il faut en finir avec cette politique d’affichage et prendre en compte réellement les besoins de Mayotte.

C’est pourquoi nous revendiquons pour Mayotte un choc d’investissement public dans le secteur de l’éducation qui doit permettre, à très court terme :
– La Construction de 500 salles de classes dans le 1er degré ;
– Une dotation financière spécifique pour l’achat de matériels pédagogiques dans les écoles ;
– La construction de 10 collèges et 4 Lycées avec des internats ;
– Un plan de rénovation ambitieux des structures existantes comprenant la construction d’équipements de restauration scolaire ;
– Le classement en REP+ de tout Mayotte (1er et 2nd degré, lycées compris) ;
– Le recrutement immédiat de 300 personnels de vie-scolaire ;
– La création de 300 postes de personnels techniques et administratifs ;
– La création de 1000 postes d’enseignants permettant de faire baisser sensiblement le nombre d’élèves par classe ;
– La restauration de l’attractivité du département afin de pourvoir ces postes en enseignants titulaires ;
– Un plan de formation ambitieux permettant aux nombreux contractuels d’accéder à la titularisation».

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