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Logement


Baco, privé de logement, squatte depuis 5 ans un bâtiment municipal

Publié le dimanche 19 novembre 2017 à 6:00
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Baco Abdallah n'a plus de logement depuis que la municipalité a rasé sa maison en 2001. Alors qu'il devait être relogé, l'homme ne voyant rien venir a décidé d'emménager dans la MJC de Longoni. Depuis 2001 son dossier est au point mort.

Baco Abdallah occupe encore la MJC avec ses enfants et rêve de retrouver une maison à lui.

Baco Abdallah occupe encore la MJC avec ses enfants et rêve de retrouver une maison à lui.

Après la destruction de sa maison en 2001, Baco Abdallah n’a jamais reçu l’indemnité qui lui était due. Il n’a pas été relogé. En 2011, il a décidé de squatter la MJC de Longoni, qu’il occupe toujours faute de solution.

« Ce citoyen qui n’arrive à faire valoir ses droits reflète toute la crise du mal logement à Mayotte » analyse Marjane Ghaem, avocate de ce père de famille résolument têtu.

En 2001, il est prié de quitter sa maison, dans laquelle il avait son magasin de tissu, car un projet municipal nécessite de raser le quartier. Une résolution prévoyant une indemnité compensatoire est votée en conseil municipal. Persuadé qu’il sera relogé, Baco Abdallah quitte sa case. Deux ans plus tard, alors qu’une parcelle lui avait été attribuée pour bâtir sa maison, le Mahorais n’a toujours rien touché. Et il apprend que son emplacement aurait été attribué à quelqu’un d’autre. Dès lors, il virevolte de location en location au gré de ses moyens financiers. Jusqu’en 2011 où une idée originale lui traverse la tête. Il demande à la mairie l’autorisation de fêter son anniversaire à la MJC de Longoni. Un arrêté est édité lui confiant les clés des lieux « jusque minuit ». Il ne les quittera plus. Ou presque. Le 27/11/2011, il adresse un courrier au maire de Koungou dont l’objet était « je veux ma maison ». Il y expliquait se tenir prêt à libérer la MJC quand une solution de relogement lui serait adressée. Après des formalités auprès de la SIM, il écrit que l’organisme « attend seulement que vous lui donniez l’autorisation et la place, c’est tout ». Mais rien n’a bougé selon lui.

La justice saisie
En 2016 la mairie saisit la justice qui ordonne au père de famille de libérer le bâtiment public, sous peine d’une astreinte de 150€/ jour de retard. Le 18 avril, il dresse un barrage devant chez lui, sur la nationale, et bloque dès l’aube les cars scolaires. Le ton monte. « J’étais très fâché, admet-il, je voulais qu’on m’entende. »
Ce que les autorités entendent, c’est le bruit d’une pierre qui brise la vitre d’un car. Désigné comme l’auteur de la dégradation, l’homme est placé en garde à vue. A sa sortie, il est pris en charge par l’Acfav qui le loge, provisoirement, pendant un an. Il est convoqué en justice pour dégradations en avril prochain. Dès sa sortie du foyer de l’Acfav, il tente le coup et retourne à la MJC dont il a toujours les clés. Aubaine, le serrure n’ayant pas été changée, il emménage de nouveau, avec lit, télévision. « J’y suis comme chez moi » sourit-il, «  Mon plus gros problème c’est que je n’ai pas d’adresse, et que je n’ai plus le droit d’exercer mon activité de commerce. Je sais que je n’ai pas le droit de squatter la MJC, mais j’ai le droit à ma maison. »

Particulièrement tenace et organisé, l’occupant a monté un épais dossier dont les feuilles vont de la délibération du conseil municipal votant l’octroi de l’indemnité de décasage à l’arrêté portant attribution d’une parcelle constructible à son nom. Fort de ces documents, il compte désormais sur l’appui de son avocate pour que son dossier avance enfin.
Nous avons tenté à plusieurs reprise de contacter la mairie de Koungou qui n’a pu donner suite à nos sollicitations.

Y.D.

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