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Chiconi : quand les profs parlent insécurité, les parents répondent niveau scolaire

Publié le samedi 30 janvier 2016 à 5:30
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Les enseignants qui descendent dans la rue, on connaît, mais pour échanger sur la place publique avec des parents d’élèves de leur établissement et les habitants, c’est une première à Mayotte. Il y avait d’ailleurs un arbre à palabres à proximité sur la place publique…

"Beaucoup d'élèves n'ont pas le niveau dans la classe de mon fils", se plaignait une bouéni

« Beaucoup d’élèves n’ont pas le niveau dans la classe de mon fils », se plaignait une bouéni

Profitant du droit de retrait qu’ils exercent pour dénoncer les violences scolaires, les enseignants du collège de Chiconi se sont scindés en groupe de 10 et répartis au sein des villages de la commune de Chiconi : Ouangani, Kahani, Barakani et Sohoa.

Sur la place Manbadi à Chiconi, quelques sièges sont installés pour les parents, et le corps enseignant prenait le micro : « Nous sommes là pour trouver une solution ensemble au problème de la sécurité dans le collège. Un élève nous a dit qu’il ne voulait plus aller en cours car on allait l’attendre à la sortie. »

Si depuis lundi les enfants sont à la maison faute de cours, les profs expliquent leur action : « Nous avons envoyé une lettre au ministre, à la vice-recteur, au préfet pour leur expliquer que nous sommes en sureffectif avec 1.800 élèves, pour une cour trop petite, propice aux bagarres. Avec un surveillant pour 200 élèves nous sommes bien loin des standards nationaux de 1 pour 120, alors que nous sommes classés en REP+. »

Des constructions sans fin

"Jusqu'à quand l'Etat va-t-il construire des établissements scolaires à Mayotte ?", interpellait cet ancien parent d'élèves

« Jusqu’à quand l’Etat va-t-il construire sans fin des établissements scolaires à Mayotte ? », interpellait cet ancien parent d’élèves

Un collège est en construction à Ouangani, qui devrait absorber 400 élèves, ce qui provoque l’intervention d’un habitant : « Pendant combien de temps l’Etat va-t-il continuer à construire sans fin des établissements scolaires à Mayotte ? J’ai été en 1983 le premier président de l’association de parents d’élèves à Mamoudzou, et j’avais déjà interrogé sur la violence qui sévissait alors en métropole. »

Au JDM, celui qui s’appelle Abdourahamane Ahamada assure que les 400 élèves qui partiront vers Ouangani l’année prochaine, seront remplacés : « Il en arrivera au moins 200 des îles d’à côté. Je regrette qu’il n’y ait pas un décideur comme le préfet parmi nous aujourd’hui. »

Tous niveaux confondus

Le ton monte chez les mamans

Le ton monte chez les mamans

Et dans l’assemblée, la parole se libère, et submerge les enseignants qui demandent que les jeunes scolaires meneurs soient entendus et pris en charge au sein du collège, et qui essaient de replacer le débat sur l’insécurité… Rien n’y fait, ce premier échange permet de lâcher les ressentiments, comme l’exprime cette bouéni : « Dans la classe de mon fils, il y a des jeunes avec un niveau très bas, et la prof passe beaucoup de temps à lui expliquer, au détriment de mon enfant à qui elle dit toujours ‘toi, tu as compris’. Je déplore que la préfecture autorise la présence de ces enfants qui n’ont pas le niveau pour être dans cette classe ! »

Les enseignants expliquent qu’une classe existe pour les enfants qui ne savent ni lire ni écrire… mais rien n’est dit pour ceux qui ont cette maitrise, mais un niveau très inférieur. Le ton monte, d’ailleurs bien maitrisé par l’équipe pédagogique qui entend encore une doléance sur « ces jeunes qui ne sont jamais allés à l’école, qui disent qu’ils ont 10 ans mais en ont 20 ! » « On ne s’occupe pas de politique, mais d’enseigner à des enfants », répondent-ils.

Les « Je reviens de… » l’échec

Un homme s’avance vers nous en nous expliquant que son fils de 14 ans a été violemment blessé à coup de chaîne dans le collège : « Le principal doit prendre ses responsabilités et protéger nos enfants, sinon je dépose plainte contre lui. »

De son côté, Abdourahamane Ahamada, continue à parler de son expérience : « Les bagarres inter villages, elles ont toujours existé. Ce n’est pas ça le problème. Ce sont ces enfants qu’on envoie étudier à La Réunion et en métropole, qui échoue, se mélange avec la racaille, et reviennent faire leurs coups avec des étrangers en situation irrégulière qui trainent sur l’île. »

Ils sont d’accord pour qu’une clôture protège de toute intrusion, « nous la demandons depuis 2 ans ! », s’exclame une maman, mais d’ici là en appellent à toutes les bonnes volonté des parents pour épauler les surveillants.

Une action destinée aussi à interpeller l’Etat et ses représentants sur place. Les enseignants ont donné rendez-vous lundi à Kahani et à Ouangani avec marche blanche , « habillés en blanc », convergeant vers Chiconi, et mercredi 3 février à Mamoudzou « avec les primaires, collèges et lycées, également touchés par l’insécurité dans leurs établissement. »

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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