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Des origines des problèmes de parentalité à Mayotte

Publié le dimanche 19 mars 2017 à 6:00
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La démission des parents, le mal être des ados, dont certains semblent isolés… La parentalité est évoquée comme préalable à la réussite de chaque action, en replaçant l’enfant, jeunes ou plus âgée, au cœur de sa cellule familiale. Les spécialistes de la question ont tenté d’apporter des éclairages différents pour comprendre le décalage.

Amani Halidi :"Transmettre l'identité reçue de ses parents"

Amani Halidi : »Transmettre l’identité reçue de ses parents »

Une conférence était proposée par le chercheur ethnologue et directeur de la Bibliothèque de prêt, Alain Kamal Martial Henry, ce vendredi après-midi autour du thème « Enfance et parentalité à Mayotte, hier et aujourd’hui – Comment redynamiser le foyer familial pour une éducation efficace ?» Une première partie s’était déroulée il y a quelques semaines.

Pas sûr que nous soyons en mesure, après avoir écouté les intervenants, de répondre à cette question. Et si ils nous ont amenés sur des sentiers parfois parallèles, c’est qu’ils étaient d’accord sur un fait : la parentalité est étroitement liée à la transmission. Et dans ce concept, entrent beaucoup d’éléments.

Télé, ordinateurs, Smartphone… La société mute et emporte avec elle les éléments d’éducation qui cimentaient la société d’antan, a expliqué Mohamed El-Amine qui a disséqué le foyer familial en milieu rural hier et aujourd’hui.

Pour la psychologue Amani Halidi, la parentalité n’existe pas juridiquement. « On peut dire que l’identité initiale reçue par l’enfant de ses parents va construire l’adulte qu’il va devenir », mais il faut savoir le transmettre, « on ne naît pas parents. »

« Il faut faire avec »

Mohamed El-Amine

Mohamed El-Amine

Dans cette transmission figurent des données privées, sociales, collectives, culturelles, historiques : « La responsabilité pour le parent est à la fois juridique, morale et éducative, tout en devant correspondre avec le moule que les autres attendent. »

Y a-t-il un marqueur de la société mahoraise qui permette de dire qu’il y a eu évolution ? « On entend dire qu’ici, l’individu existe comme faisant partie du groupe, on dit aussi que la parentalité mahoraise est marquée par le lien du mariage religieux qui se prépare inconsciemment depuis l’enfance. Dans le modèle traditionnel, la femme enceinte est choyée, mais mon travail à l’Aide social à l’enfance me permet de vous dire, qu’on en est parfois très loin. »

Signe que l’enfant est celui d’un groupe, « toutes les personnes de la famille de l’âge du père peuvent être appelé ‘baba’ et de la mère ‘mama’. Il peut être élevé par l’un d’entre eux, une pratique appelée ‘fosterage’ qui est de la compétence du tribunal dans le droit commun. » Amani Halidi nous emmène jusqu’à la révision de l’état civil, « on a inversé notre sens de filiation. »

La fragilisation des liens familiaux provoquée par l’évolution de la société, est annoncée comme un événement non compris, « il faut faire avec. On observe des tentatives de suicide parmi les jeunes filles qui ont eu un rapport sexuel, et n’ose pas l’avouer à leurs parents. »

Pas de décryptage des nouveaux modèles

Alain Kamal Martial Henry

Alain Kamal Martial Henry

La psychologue décrit des parents dépassés, sans autorité, perdus « face aux modèles éducatifs qui ne sont plus les mêmes » : « On leur dit ‘il faut de l’autorité mais pas trop, un accompagnement mais en ménageant de l’autonomie, tout en le cadrant’. On fait porter aux parents des questions de société pas tranchées, et pas tranchées par le groupe qui avait l’habitude de décider. Les parents ont le sentiment de trahir la société familiale, ce qui était sociologique devient psychologique. »

Le chercheur en études postcoloniales Alain Kamal Martial utilisait l’outil spatial pour expliquer les difficultés. Il utilise trois notions, finalement chronologiques, celles de territorialisation, de déterritorialisation et de reterritorialisation. Elles opposent en fait l’espace traditionnel mahorais à l’espace néocolonial.

Il se base sur le schéma traditionnel du village de Mzouazia, le shanzahari, où cohabitaient le niambotiti (petit village) et le niambobolé (village de notables), qui ne se mêlaient pas, « il fallait amener l’enfant vers la littérature en passant par la scolarité, shionizé, qu’il soit bien éduqué, bien instruit ». On voit donc le mélange des deux notions l’instruction et l’éducation, la première ne devrait cependant être qu’un élément de la seconde.

Des zones artificielles

En intellectualisant, de nouvelles pistes sont explorées

En intellectualisant, de nouvelles pistes sont explorées

Un autre espace vient se greffer selon lui, le déterritorialisé, apporté au 19è siècle par les planteurs et les usines de canne à sucre. Un peu comme se sont créés les villages de mineurs dans le nord de la métropole.

Pour Alain Kamal Martial Henry, il n’y a pas eu appropriation de l’espace, juste une exploitation de l’homme. « C’est dans ces zones qu’on trouve une forte concentration de personnes arrivées récemment. L’espace n’y est pas maîtrisé. Et on peut se demander « qu’est ce qui a été transmis au sein de ces zones ? Tout est fait pour que l’enfant n’ait qu’une envie, quitter cet espace violent, parce que déconstruit de liens et de contrat éducatif. On les retrouve alors dans la rue. »

Ces conférenciers d’un jour n’étaient pas là pour apporter de réelles solutions, mais pour éclairer le débat. Néanmoins, Alain Kamal Martial rapporte une expérience tentée en Bibliothèque, de rapprochement intergénérationnel au sein de la bibliothèque de Cavani, « des enfants en difficulté, et, face à l’absence de parentalité, ce n’est pas en les concentrant au sein d’un institut qu’on trouvera la solution. »

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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