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Conseil départemental


Des voix s’élèvent contre le nouvel organigramme et la gestion des ressources humaines au département

Publié le mardi 14 juin 2016 à 5:30
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Le visage habituel de la critique de la gestion administrative du département, vient de ses propres agents syndiqués, dont Allaoui Askandari se fait le porte-parole. Mais un tract émanant du monde étudiant se fait aussi la critique des DGA et directeurs nommés dans le nouvel organigramme, pour leur compétence ou leurs liens familiaux avec le président Ramadani. Celui-ci s’explique.

Askandari Allaoui s'est opposé à la nouvelle organisation lors du Comité technique

Askandari Allaoui demande un comité technique avec un ordre du jour respectant les demandes des agents

Encore une fois, l’Intersyndicale CFDT, Sud, CGT Ma, CFE CGC et FO, sollicite la presse dans leurs déboires avec la direction des ressources humaines, quelque soit l’exécutif au pouvoir d’ailleurs. On ne peut donc pas dire que cela ait porté ses fruits jusqu’à présent.

Et pourtant, c’est en utilisant les instances réglementaires, dont le comité technique, que ces cadres souhaitent porter leurs récriminations, « mais ces instances sont bafouées ! », nous lance Allaoui Askandari. Leur communiqué parle même de « violence administrative et réglementaire. »

Et explique qu’un comité technique (CT) avait été prévu le 29 mars, « à la demande des représentants de personnel », avec un ordre du jour qui reflétait leurs préoccupations : les recrutements du nouvel organigramme, les œuvres sociales, le Plan de formation, « nous n’en avons pas eu depuis 2012 », la déontologie, « comme la falsification des productions des comités techniques ». Des accusations graves.

« Burn out généralisé »Conseil general batiment

Est-ce la raison de son annulation ? En tout cas, le CT était reporté à ce 14 juin, « mais l’ordre du jour n’est plus le même », critique Askandari Allaoui. Vendredi dernier, les représentants syndicaux se sont donc rendus à une réunion de préparation où personne ne parlait la même langue : « Nous nous basions sur les points préparés pour le 29 mars, alors que l’administration avait préparé une autre base de travail. »

L’instance de ce mardi 14 est donc une nouvelle fois reportée, ce qui ne peut qu’apporter de l’eau au moulin des critiques de l’Intersyndicale qui cite les textes : « Le CT tient au moins deux réunions par an sur convocation de son président, soit à l’initiative de ce dernier, soit à la demande de la moitié des représentants du personnel, et doit se réunir dans le délai maximal d’un mois à compter de la demande. »

Les syndicats dénoncent « des exactions (qui) entrainent le personnel dans un burn out généralisé. »

Des lenteurs politico-administratives Cabinet CD drapeaux

Antoy Hatub, Directeur des ressources humaines, ne nie pas cette modification d’ordre du jour, et la justifie : « Certains rapports n’étaient pas prêts, nous attendons des décisions des élus. » D’autres ont avancé depuis, « notamment en matière de Plan de formation sur lequel nous a interpellé l’Intersyndicale. Le président du département a nommé un chargé de mission pour faire un état des lieux. » Le sujet devrait donc être évoqué.

Le dossier portant sur la suppression et la création de postes n’aura pas cette chance : « Il a été retiré car nous devons aborder ces points avec les élus. » On ne peut que constater que le délai courant du 29 mars au 14 juin ne l’aura pas permis. Il faut espérer qu’il se soit avant le prochain CT, « prévu le 27 juin », indique Antoy Hatub. Sans quoi les syndicats pourraient y voir de la mauvaise volonté.

Des cousins Ramadani à la mode de Bretagne

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Soibahadine Ibrahim Ramadani reste conforté dans ses choix

L’autre coup porté contre la gestion des ressources humaines, arrive officiellement d’étudiants mahorais qui ont publié un tract sur les qualification de certains DGA et leur proximité avec le président du département. A l’intitulé longuet, « La situation actuelle au Conseil départemental de Mayotte par rapport à la nouvelle organisation fait peur à la jeunesse mahoraise. Des problème liés à l’éducation, l’emploi et la formation », il vise directement le nouvel organigramme. Et nommément même.

Il dénonce une réorganisation composée de membres « de la famille du président et des amis de longue date », en citant Elkabir, DGA chargé du pôle gestion des Ressources humaines, « son beau-frère et simple attaché territorial », et où l’on revoit Antoy Hatub, Directeur des Ressources humaines et de la formation interne, « son beau-frère et stagiaire en attaché territorial », le DGA Aménagement Ben Ismaël Mbaraka, « un ancien ami du président », Ouirdani Vita, le Directeur des finances, « son neveu » ou Habib Souffou, le directeur de l’Apprentissage et de la formation professionnelle, « un ami, et simple attaché territorial. »

Incompétences ou rancœurs  ?

Nous avons sollicité le président du département, Soibahadine Ibrahim Ramadani, qui a repris point par point ses liens familiaux en en écartant certains, et qui réagit : « Il est facile à Mayotte de chercher, et de trouver des liens de parenté. Les candidatures ont été faites régulièrement, décidées collégialement par l’ensemble des 7 vice-présidents. »

Nous avons évoqué ce tract avec Allaoui Askandari qui le découvrait, et qui ne mettait pas en cause les liens familiaux ou amicaux des personnes citées, mais plutôt leur compétence : « Certains sont de simples attachés territoriaux, voire même des stagiaires en attaché territorial. »

Directement visé, Antoy Hatub, explique au JDM qu’il n’y a pas incompatibilité de niveau : « contrairement aux postes de DGA ou DGS qui requièrent un niveau d’étude ou un grade d’administrateur, je peux être stagiaire en Attaché territorial du moment que j’exerce sur un grade qui me permet d’occuper ce poste. » Aux syndicats de s’atteler au juste niveau de l’ensemble des DGA donc. Antoy Hatub convient que des agents titulaires qui auraient pu prétendre au poste n’ont pas été retenus, ce qui peut aiguiser des rancœurs.

On l’aura compris, la gestion des ressources humaines, éternelles épines dans le pied des collectivités qui en font trop souvent une affaire personnelle, sont regardées de prés, et notamment par une Intersyndicale du département qui n’hésite pas à rappeler les textes de loi au besoin.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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