Politique Société Economie Education Faits Divers Océan Indien Environnement Santé Loisirs Sport


Crise de l'eau


Ericka Bareigts face au ras le bol d’un habitant du sud

Publié le mercredi 15 mars 2017 à 5:00
Aucun commentaire

« Madame la ministre, cela fait 7 semaines que nous sommes sans eau, et notre maire n’a toujours pas raccordé l’école primaire ! Pouvez-vous forcer les élus ? ». Cet appel au secours vient d’un habitant de Ouangani.

Ericka Bareigts : "Je suis là pour aider les élus à prendre leur responsabilité"

Ericka Bareigts : « Je suis là pour aider les élus à prendre leur responsabilité »

Malgré sa petite expérience de ministre, et déjà tellement habituée à entendre critiquer l’Etat, Ericka Bareigts n’a pas compris l’interpellation dont elle faisait l’objet ce mardi matin. Elle était venue au Centre universitaire pour parler coopération régionale, et ne s’attendait pas à être de nouveau interrogée sur la thématique de l’eau. « Je suis là pour ça », répondra-t-elle d’ailleurs en ne se dérobant pas, et en prenant le temps d’écouter Kamarizaman Soilihi, parent d’élèves, également actif dans une association environnementale.

« Mes enfants n’ont que 3 heures de cours, parce qu’il n’y a pas de raccordement », se plaint-il. Or, la ministre a débloqué 500.000 euros pour ça, « mais ce n’est jamais arrivé jusque dans la commune de Ouangani ». Et ce n’est pas tout : « Depuis 4 ans que la réforme des rythmes scolaires a été mise en place, les enfants n’ont toujours pas eu d’activités périscolaires. »

La ministre répondra qu’elle a fait voter le doublement des dotations de constructions et de rénovations scolaires dans le 1er degré à 20 millions d’euros, « mais vous pouvez toujours gonfler l’enveloppe, ça n’arrive pas », retentait le parent d’élève. Ericka Bareigts finira par déclarer : « Je suis là pour aider les élus à prendre leur responsabilité. » Mais par quel biais ?

Et toujours l’absence de contrôle

Roukia Lahadji a prononcé un discours de vérité

Roukia Lahadji a prononcé un discours de vérité, impliquant des responsabilités partagées

Cette absence de sens de l’intérêt général est encore largement répandue chez les élus locaux. « Nous avons fait pour l’eau, la même chose que pour les écoles* », explique depuis plusieurs semaines Roukia Lahadji, la maire de Chirongui, à qui veut l’entendre, impliquant « la responsabilité des élus locaux et nationaux. »

De plus, à la tête de communes toujours déficitaires, à la masse salariale grossissante, certains sont tentés de ponctionner dans des ressources annexes, et celles dédiées aux activités périscolaires en font partie. Et l’injustice de traitement dont elles pâtissent vient empirer la situation, qui ne s’améliorera que lorsque sera versées l’intégralité des ressources auxquelles elles ont droit, dont l’octroi de mer.

Voyant que Kamarizaman Soilihi restait sur sa faim, la vice-recteur est allé à sa rencontre. Mais nous expliquait ensuite ne plus avoir la main sur le fonds de d’amorçage versé aux communes dans le cadre des rythmes scolaires : « Nous avons versé 280.000 euros, mais qui transitent maintenant par l’Agence de Services et de Paiement. » Qui va malgré tout « personnellement démarcher le maire sur ce sujet ». Sollicité, le préfet nous a expliqué ne pas savoir qui contrôlait la bonne utilisation de ces fonds.

Transparence sur la masse salariale

Le ras le bol d'un habitant au bout de 7 semaines de pénurie

Le ras le bol de Kamarizaman Soilihi au bout de 7 semaines de pénurie

Le discours exemplaire ce lundi devant la ministre de la maire de Chirongui, prenant sa part de responsabilité dans la crise de l’eau, devrait servir de panache blanc. Mais qui pour enfourcher un cheval de vertu et la suivre ? Elle mettait dans la balance ses efforts, « A Chirongui, nous avons un ratio de 9,8 agents pour 1.000 habitants, à La Réunion en moyenne, il est de 29,8 pour 1.000, et en métropole, de 18,9 », pour demander à Ericka Bareigts un alignement des dotations des collectivités de Mayotte sur ses sœurs ultramarines. Que promet la Loi Egalité réelle et ses Plans de convergence.

A l’image de Chirongui, la publication de ces ratios devrait d’ailleurs être généralisée à l’ensemble des collectivités, dans un souci de transparence vis à vis des administrés.

En persistant à ne pas contrôler les dotations et en ne dotant pas les collectivité à la hauteur de ce qu’elles ont droit, les recettes destinées aux bien-être des habitants continueront à couvrir la masse salariale.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

* En 2013, le SMIAM, syndicat départemental et communal chargé des constructions scolaires, n’avait sorti qu’une seule salle de classe, malgré les 10 millions d’euros alloués par l’Etat. Sans contrôle.

Tagged under , , , ,
Laissez un commentaire sur l'article

Réagissez

Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire.



L'ACTUALITE EN BREF
HIER La gendarmerie débloque le dépôt Total de Longoni, 10 camions-citernes quittent les lieux
2 jours Mise en place de la retraite complémentaire à Mayotte : partenaires sociaux et parlementaires au travail
2 jours Bourse aux vêtements à Bandraboua: après la collecte, la revente le mardi 22 août
2 jours Grève chez Total : le coordinateur national FO écrit à la direction du groupe
2 jours Grève à Total : le MEDEF demande des mesures pour les entreprises au préfet
3 jours Grève à Total : toujours l’impasse
3 jours Une assemblée plénière du Conseil département lundi prochain
3 jours Le conflit Total entre dans sa 2e semaine : le point sur les arrêtés préfectoraux
3 jours Le Département défend le recrutement du directeur de la MDPH

MAGAZINE
Dans le lagon de Mayotte (Photo: Bruno Garel/gence française de la biodiversité)
A l’eau ! 6e édition de l’opération «Premières bulles au pays du corail»


CARNET DE JUSTICE
Peines de prison avec sursis pour les habitants-justiciers de Chiconi : Indignation du Collectif
Quand la drogue tourne la tête des policiers
Un jeune de 15 ans incarcéré à Majicavo pour des coups de couteau sur un élève
Lynchage autour d’un barrage, les accusés multirécidivistes quasiment indifférents à la barre
Chambre des métiers: le président Salim Soumaila conforté par un jugement de la Cour administrative d’appel
Détournement de 170.000€ : Le directeur du bureau de Poste n’ira pas en prison
Le tir de l’ancien militaire blessant une jeune fille lui vaut un an de prison avec sursis et de fortes amendes
Cambriolage de Kwezi TV : grosse médiatisation mais petit procès


PORTRAITS
Bacheliers mentions 2017 VR
Mentions au Bac : bienvenu en terre de réussite, dont un 1er inscrit à Sciences Po Paris



Peugeot Partner

6 500€

Sun Odyssey 45.2

Baisse de prix
65 000€

Offre d'emploi

RESPONSABLE COMPTABLE ET FINANCIER


LA METEO A 5 JOURS
météo
27°
24°
tiempo.com  +info

JDM EN PDF


L'AGENDA
Pas de Évènements


HORAIRES DES BARGES
Petite terre - Quai Issoufali
  • Toutes les 1/2 heures
    de 05h30 à 20h00
  • Toutes les heures
    de 20h00 à 00h00
Grande terre - Gare maritime
  • Toutes les 1/2 heures
    de 06h00 à 20h30
  • Toutes les heures
    de 20h30 à 00h30

LE JOURNAL
SUIVEZ NOUS
LE JOURNAL