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«Mobilisation pour Mayotte»: Le livre-plaidoyer de Soulaïmana Noussoura

Publié le jeudi 2 mars 2017 à 12:03
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Aujourd’hui président du conseil représentatif des Français des Outre-mer (CReFOM) à Mayotte, l’ancien leader syndical raconte son parcours et veut, plus que jamais, que la lecture et l’écriture entre dans le quotidien des Mahorais.

Noussoura Soulaimana

Noussoura Soulaimana

Il a intitulé son livre «Mobilisation pour Mayotte», un résumé en trois mois du combat d’une vie. Soulaïmana Noussoura publie son premier ouvrage pour raconter Mayotte à sa petite-fille aujourd’hui âgée de 4 ans mais aussi pour poser des enjeux essentiels pour notre département. «Quand elle aura 20 ans, je ne serai peut-être plus là pour lui dire d’où elle vient. Alors, je fais le bilan de ma vie. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie et c’est le moment de faire un point d’étape», confie-t-il.

Noussoura livre d’abord une époque qui paraît très lointaine et qui pourtant ne remonte qu’à la fin des années 1970. «Je parle de mon début à l’école, à Sada, un moment où il n’y avait que 4 ou 5 groupes scolaires à Mayotte. Déjà, aller à l’école, ça n’était pas bien vu… On avait l’impression qu’on allait chez les catholiques ! Nos parents n’acceptaient pas ça. Mais moi, déjà, je voulais y aller». Il raconte sa scolarité en primaire puis le départ pour Mamoudzou et le lycée Bamana, une forme d’isolement alors qu’on ne comptait que 3 ou 4 voitures dans sa ville natale.

«Etre élève, à l’époque, c’était un combat. Parfois, on pouvait rester longtemps dans le lycée et il n’y avait pas à manger. Il fallait aimer l’école, se sacrifier pour l’école… Bien loin de ce qu’on a aujourd’hui».

Anticiper les évolutions

De cette (pas si) lointaine époque, Noussoura en tire la conclusion que si Mayotte a changé d’époque, «on n’a pas fait la jonction. On est passé très vite d’une vie à une autre et beaucoup ne l’ont pas compris».

Mobilisation pour Mayotte Soulaimana NoussouraIl porte un regard critique sur les responsables qui n’ont pas su anticiper les changements. «On n’a pas su anticiper cette évolution de Mayotte, c’est la raison pour laquelle on a des problème avec la lecture, des problèmes avec l’eau, des problèmes de sécurité… Maintenant, il faut apprendre à prévoir pour 30 ou 40 ans. Parce que nous avons de fortes potentialités mais si on ne prévoit rien, les jeunes vont aller en perdition parce qu’ils ne vont pas comprendre».

Encourager la lecture et l’écriture

Dans ses « confidences pour le développement économique et sociale pour le 101e département », Soulaïmana Noussoura retrace aussi ses expériences familiales, politiques, syndicales, associatives… riches et variées. «On n’a pas beaucoup de personnalités qui ont laissé une trace écrite de leur vie. Parce que de notre temps, l’écriture, la lecture, ce n’était pas quelque chose de facile. Les enseignants nous imposaient la lecture. C’était quelque chose de subi. Et c’est encore un peu le cas aujourd’hui, mais il faut que ça change. Et pour moi aussi, au début, ça n’a pas été facile d’écrire. C’est comme une dissertation qu’il faut commencer. Mais j’ai fini par y arriver. Ca m’a pris un an d’écrire et de réécriture… Et c’est fait !»

Logiquement, la lecture et l’écriture sont devenus un des combats de Soulaïmana Noussoura pour permettre aux jeunes d’aimer lire et écrire. «Quand vous avez les bases, vous avez de l’appétence pour tout le reste. Il est important d’encourager les gens à écrire, à lire. Il faut les aides, les accompagner, facilité les achats dans les bibliothèques ou l’installation de maisons d’édition»… un message qu’il martèle avec constance.

Ecrire au moins un livre

Noussoura Soulaimana à la tête du CReFOM Mayotte sera chargé de mener les réflexions aux côtés de la FEDOM

Noussoura Soulaimana

«Je dis aux jeunes, qu’ils ont beaucoup de choses aujourd’hui, ils ont tout à portée de main. Et quand on a cette chance, on doit travailler beaucoup. C’est difficile parce qu’on leur a tout donné. Mais il faut qu’ils sachent qu’ils doivent eux aussi se battre pour construire leur avenir parce que nous n’avons pas suffisamment de médecin, d’enseignants… Nous avons besoin d’eux».

Et il voudrait aussi qu’ils prennent la plume ou plutôt leur clavier pour laisser des jalons de Mayotte, donner accès au présent, ce quotidien qui change si rapidement dans notre île. «Il faut que tout le monde se dise, dans ma vie, je dois écrire au moins un livre. Ecrire comment j’ai vécu et pensé le monde pour laisser une trace avant de partir. Raconter, ‘j’ai réussi ça’, ‘j’ai raté ça’… et ça nous aidera».

Depuis qu’il a plongé dans l’écriture, Soulaïmana Noussoura ne s’arrête plus. Il planche déjà sur deux autres ouvrages qu’il espère réussir à éditer comme il est parvenu à sortir celui-ci. Parce que plus que jamais, Noussoura aussi veut aider.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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