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Forum de la jeunesse


« On veut montrer aux générations d’avant qu’on a aussi des choses à dire »

Publié le mardi 12 décembre 2017 à 5:00
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Les jeunes Mahorais ont beaucoup de choses à dire. Mais la première de toutes, c'est de rappeler qu'ils ont le droit de les dire. La liberté d'expression c'est ce que voulaient rappeler des centaines de jeunes samedi au CUFR.

Entre 300 et 400 jeunes sont venus participer aux échanges

Entre 300 et 400 jeunes sont venus participer aux échanges

C’était samedi le grand final du forum de la jeunesse, cette semaine complète d’ateliers, de conférences et d’échanges consacrés aux jeunes Mahorais.
Pour l’occasion, le CUFR de Dembéni recevait en ses locaux entre 300 et 400 jeunes issus des 17 communes de l’île. Pour la plupart, il s’agissait de jeunes investis dans le milieu associatif ou en service civique, mais les tables rondes étaient aussi ouvertes aux jeunes qui en auraient fait la demande à leur mairie de rattachement.
Venus par cars entiers, les étudiants se sont répartis dans différents ateliers en fonctions de leurs affinités personnelles, avec une rotation en milieu de matinée. En discutant avec ces jeunes, il est apparu une nette volonté de parler d’égalité, mais aussi et surtout, d’affirmer leur liberté d’expression. Garantie par la loi, certes, mais parfois brimée par les aînés. C’était aussi l’occasion pour eux de parler d’engagement, et de s’imposer comme des citoyens à part entière, avec lesquels il est plus que temps de composer, notamment dans la lutte contre la violence.

C’est ce qu’est venue dire Bacar Faïza, « engagée dans l’association MAN (Mouvement pour une alternative non violente) car la violence, tous les jours, dans les collèges et les lycées, ce n’est pas une bonne chose. Je lutte contre ça. »

Même combat pour Hamada Assadi, mais sur les planches. « Je fais du théâtre car j’ai des choses à dire, mais je ne veux pas le faire directement, donc je passe par des mots et des gestes. »

Fathia Hamadi est revenue à Mayotte pour "écouter les jeunes"

Fathia Hamadi est revenue à Mayotte pour « écouter les jeunes »

Non loin d’elle, participant à l’atelier « Grand Débat », intervient Fathia Hamadi, 26 ans. Psychologue au CIO de Mamoudzou, elle est aussi bénévole à l’association Jeunes Talents, très représentée samedi. « Née en Grande Comore, j’ai grandi dans un quartier difficile à Vénissieux et à Passamainty. Aujourd’hui j’ai besoin d’accompagner les jeunes et de les écouter. »

L’homme « roi »

Également membre de l’association Jeunes Talents, Saïd Fahdy a choisi un atelier sur l’égalité entre hommes et femmes. « On a vu l’égalité au sein du couple, le partage des tâches. Ce n’est pas obligatoire que la femme travaille plus que l’homme. On a aussi vu que pour la fidélité, c’est la confiance et le respect qui comptent. »

Dans le même atelier mais en seconde partie de matinée, Zaïdani, 16 ans, a un avis plus mitigé. « Dans la maison, l’homme est le roi » exprime-t-il en plein débat sur l’égalité hommes-femmes. Un clin d’œil à son pull qui représente une couronne dorée. « Allez le roi, montre-nous le chemin charrient ses camarades de débat, le désignant d’office pour être leur porte-parole. Une parole pas toujours évidente à prendre, et des mots pas faciles à trouver tant le sujet est sensible. « Je ne crois pas que les filles aient les mêmes droits que les garçons, commence par dire le jeune homme à la sortie de l’atelier. Certaines filles manquent de respect aux garçons. Mais l’inverse existe aussi, tempère-t-il. En fait ils ont les mêmes droits, mais qui ne sont pas toujours respectés. C’est pas facile de trouver les mots. En tout cas on est tous pareils il ne faut pas refuser d’écouter l’autre même s’il est différent. Les femmes n’ont pas le droit de manquer de respect mais les hommes non plus. »
L’écoute, c’était au cœur d’un autre atelier, dédié aux droits de l’enfant. Là encore, les débats étaient passionnés, d’autant plus avec la participation de jeunes en situation de handicap. Que les filles puissent faire du foot n’était pas un droit évident pour tous les garçons par exemple.

Nina (à droite) a choisi de parler des droits de l'enfant, et de la liberté d'expression des jeunes

Nina (à droite) a choisi de parler des droits de l’enfant, et de la liberté d’expression des jeunes

In fine, le groupe s’est mis d’accord sur un thème à évoquer au briefing de l’après-midi. « On a choisi la liberté d’expression, explique Nina, qui, ne souhaitant pas monter seule sur scène, devait y être accompagnée par son compagnon de débat Ayad pour qu’il la traduise en langue des signes. C’était émouvant, poursuit-elle, car mon collègue a expliqué que quand il s’exprime, les gens se moquent. C’est toujours comme ça avec les gens invalides. C’est vrai pour les enfants, mais aussi pour tout le monde, constate-t-elle à l’issue du débat avec son camarade muet. Je ne pensais pas que ça ferait un tel effet, c’était super intéressant. »

Pas facile de discuter entre enfants, et encore moins avec les adultes, analyse en substance la jeune femme, qui gagne d’un coup en assurance. « Il y a beaucoup de différences entre hier et aujourd’hui. On a envie de montrer aux générations d’avant que les choses ont changé, qu’on est des humains et qu’on a aussi des choses à dire. C’est à nous de montrer aux gens que tout peut changer. »

Y.D.

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