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Correctionnelle


Pris en flagrant délit de trafic de stup, ils continuent à nier

Publié le jeudi 16 février 2017 à 4:30
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Un acheteur de bangué était à la barre avec deux présumés vendeurs, pris sur le vif par la police. L’échange avait eu lieu dans le quartier réputé de Jamaïque à Mgombani.

La salle d'audience du tribunal de grande instance de Mamoudzou

La salle d’audience du tribunal de grande instance de Mamoudzou

L’audience correctionnelle du mercredi commençait par une affaire de victime de décasage. Mais renvoyée pour problème de citation, et pour laquelle le président du tribunal Laurent Sabatier voulait un débat exemplaire.

Trois jeunes comparaissaient pour avoir traficoté du bangué. Pas des grosses quantités, « mais suffisamment pour créer une dépendance et ensuite un cercle vicieux », évoquait le juge haut et fort, pour un auditoire composé aussi ce mercredi d’une classe de 2de du lycée de Petite Terre.

Quand on se promène dans le quartier Jamaïque de M’gombani-Mamoudzou, ce n’est pas pour regarder les boutiques. Justement, A. un adulte de presque 50 ans, s’y est aventuré. Et quand S. l’aborde pour lui proposer « tu veux un truc ? », il acquiesce, et lui donne 5 euros contre du bangué, de la résine de cannabis. A la barre, A. semble abattu, reconnaît, « j’en achetais une fois par mois environ ».

Problème, lui et son vendeur S., ainsi que D. qui faisait le guet, « et peut-être plus », sont surveillés. La police ne tarde d’ailleurs pas à intervenir et à les interpeller. Ils seront déposés au commissariat en attendant d’être entendus. Mais, la police nationale fait salle comble ce jour là, avec de nombreuses interpellations de vendeurs à la sauvette. A. se dit que c’est peut être sa chance, « l’occasion fait le larron », résumera le parquet, et s’enfuit.

Formation dans les espaces verts… sans herbes douteuses !

Ballots de bangué saisis

Ballots de bangué (Image d’archives)

La suite, c’est lui qui la raconte, « je suis rentré chez moi, mais ma femme m’ayant dit qu’on me recherchait, je suis retourné au commissariat. » Il explique les raisons de son geste par « la peur d’être expulsé, puisque je n’ai pas encore de carte de séjour, bien qu’étant papa de trois enfants français. »

Lorsqu’ils sont entendus ensuite, il est le seul à reconnaître les faits. S., hirsute, semble à peine réveillé à la barre, et devant les questions pressantes du juge Sabatier, gesticule et poursuit ses dénégations, « non, je n’ai pas remis de bangué. » D. s’affale sur la barre, et n’est pas plus coopératif : « Mais les policiers vous ont vus jeter par terre un sachet noir contenant 84g de bangué, et dans votre sacs, il y avait 11 tubes ! »

Sur S., les policiers trouveront 35 euros, dont 25 euros avaient étaient donnés par sa maman. D. était porteur lui, de 30 euros. Ils sont âgés de 20 ans et 18 ans, aucun des deux ne travaille. « Vous allez rester longtemps à la charge de vos parents ?! », s’enquiert le juge. Le second doit signer un contrat à Bandrélé le lendemain, « une formation dans les espaces verts. » « Du moment que vous n’êtes pas amenés à planter des herbes interdites ! »

Avant la guerre de gangs

Sans mention à leur casier judiciaire, Laurent Sabatier savait que les peines seraient insuffisamment coercitives, il mettra donc en garde les deux jeunes : « Après plusieurs passages au tribunal, ce sera Majicavo. Et n’y voyez pas qu’un endroit confortable : à plusieurs dans une cellule, c’est un peu la loi de la jungle. Vous êtes les durs dans le quartier Jamaïque, mais des poussins pour à la prison. »

Relayé par la substitut du procureur qui mettait en garde contre des produits qui « ruinent la santé des autres. Et même si nous ne sommes pas à Marseille en pleine guerre des gangs pour la possession du territoire, vous avez mis le doigt dans un engrenage. » Elle demandait une peine pédagogique à travers les travaux d’intérêt général.

A., en tant qu’acheteur sera condamné à 300 euros d’amende avec sursis, et pour son évasion du commissariat à un mois de prison avec sursis. Le tribunal est plus sévère avec S. et D. qui continuent à nier : ils seront condamnés à la même peine, soit 6 mois de prison avec sursis, avec des travaux d’intérêt général de 195 h, avec obligation de formation ou de travailler. Avec la confiscation de 10 euros pour le 1er, et de 30 euros pour le second.

A.P-L.
Le Journal de Mayotte

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