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Protocole Ballou : Refus des salariés qui y voient une provocation, quand la direction annonce vouloir sauver la société

Publié le vendredi 24 février 2017 à 5:15
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Les salariés de la société en grève depuis plus de 2 mois et demi, viennent de refuser le nouveau protocole de sortie de crise. Les bons d'achat et la prime de salissure, ont été retirés. Pour la direction, ces acquis ne sont plus tenables.

Quelques salariés grévistes assuraient la veille du blocage de l'entreprise

Les salariés grévistes se disent qu’ils n’ont plus rien à perdre

On ne voit plus trop comment va se terminer ce conflit sans fin. Un petit espoir avait germé lorsque l’avocat de Safdar Ballou,  Mansour Kamardine,  avaient interrogé les salariés sur les revendications a minima pour reprendre le travail. Mais il est retombé aussitôt.

Le conflit qui dure depuis le 6 décembre maintenant a franchi un nouveau pas ce mardi 21 février lorsque les salariés ont découvert le nouveau protocole d’accord proposé par la direction. « A chaque protocole, il retire un acquis. Le précédent ne faisait plus mention des bons d’achat, et celui-ci retire la prime de salissure », explique El-Anis Saïdi, Délégué CGT Ma.

Dès le départ du conflit, 10 des 14 points de revendication avaient été validés par alignement sur le code du travail. Les bons d’achat de 200€ avaient été accordés, puis retirés lorsque le conflit s’était inscrit dans la durée, la direction avançant des difficultés de trésorerie.

Prime caduque après le 15 février

La publicité actuelle sur le ciment Ballou s'affiche sur les panneaux 4x3

Les importations de ciment freinées par la crise de l’eau

Ce dernier protocole revient sur la prime de salissure : « Acceptée pour les salariés concernés 20€ brut par mois même si non règlementaire mais valable si signature du protocole avant le mercredi 15/02/2017, et caduque après. » Nous sommes le 23.

Nous avons pu joindre Azad Mamodaly, Directeur financier du groupe Ballou. Les retraits des bons d’achat et de la prime de salissure sont pour lui des mesures de sauvegarde de l’entreprise : « Il s’agissait d’efforts consentis en plus des 10 points lâchés sous contrôle de l’autorité de la Direction du travail. Nos comptes ne sont pas encore dans le rouge, mais dans le violet, nous n’avons plus les moyens. »

L’activité de l’entreprise n’est cependant pas au point mort: « Nous n’avons pu rouvrir le commerce de détail avec les non-grévistes en raison d’un vacarme incessant produit par les grévistes », quant à l’activité de gros, si les importations de ciment et de bois ont continué, « c’est seulement pour honorer les commandes », avance-t-il, « même nos camions étaient bloqués à la sortie du port. »

La société n’est pas encore asphyxiée, mais selon lui, elle ne peut tenir sur les seules ventes de ciment et de bois, « surtout que la pénurie d’eau sinistre le secteur, le ciment est inutilisable. » Il souligne qu’il faut désormais budgétiser les charges correspondant aux 10 avancées sociales consenties pour s’aligner sur le code du travail rajoutent des charges.

Coup de pouce de la CGT Ma

Deux mois d'inactivité

Deux mois et demi de fermeture du magasin de la rue du Commerce

Azad Mamodaly rappelle l’implication constante de Safdar Ballou dans des négociations, qui, souligne-t-il, ont failli aboutir par 3 fois, « après accord verbal, le lendemain la CGT incitait à revenir sur leur décision. » Il évoque l’orientation de salariés de Ballou Transport vers une sortie de mouvement, « mais ils sont revenus sur leur décision. »

Le syndicaliste nie une désolidarisation de certains salariés du mouvement: « L’un d’entre eux a signé, et 6 noms ont été rajoutés. Mais il nous a annoncé être toujours gréviste. » El-Anis Saïdi ne travaille pas chez Ballou, « je suis là pour les conseiller », mais assure ne pas pousser au conflit, « je ne sais pas comment ils vont en sortir, au point où ils en sont, ils ne vont pas lâcher pour n’obtenir aucune avancée en dehors de celles liées au droit du travail. »

Sans salaire depuis plus de 2 mois et demi, les salariés semblent jusqu’au-boutistes, « la CGT Ma a débloqué un fonds de solidarité la première semaine de février, mais ce n’est pas grand chose. »

Azad Mamodaly avance que le plus urgent, c’est la reprise de l’activité, « on pourra toujours voir ensuite, quand on aura repris notre souffle, pour regarder les autres revendications.  » Une promesse qui n’engage que celui qui la tient, puisqu’elle n’est pas mentionnée dans le protocole.

Anne Perzo-Lafond

Le JOurnal de Mayotte

 

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