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Réforme du bac : les profs ratent l’épreuve de la mobilisation

Publié le mardi 6 février 2018 à 12:20
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La mobilisation nationale contre la réforme du bac a peu rassemblé ce matin, malgré des promesses de participation de nombreux établissements.

Henri Nouri, du SNES FSU, devant le Vice Rectorat

Henri Nouri, du SNES FSU, devant le Vice Rectorat

« La mobilisation n’est pas franchement au rendez-vous » regrette Henri Nouri, co-secrétaire du syndicat enseignant SNES FSU. Autour de lui, pas plus de huit  grévistes sont rassemblés devant le vice-rectorat. « Il y en avait 30 de plus mais ils sont partis vers la préfecture » assure un des manifestants.
Ces derniers répondaient pourtant à un appel national, et avec des manifestants attendus de Sada à Chirongui, le syndicat pouvait espérer mieux.
Henri Nouri s’inquiète en effet d’une réforme « qui pour nous signifiera un accroissement des inégalités. Les élèves vont perdre des enseignements, et la semestrialisation va déstabiliser l’organisation des classes. Ca aussi aussi des conséquences sur le service des enseignants, qu’on ne veut pas voir annualisé. »
Le risque selon le syndicaliste c’est d’avoir « une somme d’heure à faire sur l’année, avec un emploi du temps mouvant selon les besoins », au lieu des emplois du temps et du temps de travail hebdomadaire défini actuellement.
« On n’en est pas là mais c’est un risque manifeste » poursuit-il.

En outre, concernant les épreuves du bac, qui seront davantage axées sur le contrôle continu, c’est « la poursuite de ce qui se fait déjà, mais nous, on demande des épreuves terminales anonymes, qui garantissent plus d’égalité que le contrôle continu. Le baccalauréat doit rester un sésame vers l’enseignement supérieur. »
Henri Nouri estime en outre que « cette réforme n’améliorera pas la situation à Mayotte où les conditions de travail difficiles font que les élèves n’arrivent pas à avoir les heures de cours qu’il faudrait. » Il redoute également que le contrôle continu n’entraîne une adaptation du niveau du bac à celui des élèves, au lieu de les élever vers des bases communes. « Si on évalue sur des bases différentes, on crée de l’arbitraire » conclut-il.

Pas de spécificité mahoraise

Snes mis à part, l’essentiel des manifestants venaient du lycée de Kahani, dans le cadre de leur droit de retrait. Ils ont notamment disposé des tracts appelant à la fin des violences sur les voitures du quartier avant de partir vers la préfecture et la Conseil départemental.

"Halte à la violence", l'appel des profs de Kahani

« Halte à la violence », l’appel des profs de Kahani

Du côté du Vice-Rectorat, le SNES a été reçu dans la matinée, pour évoquer cette réforme ainsi que le droit de retrait de Kahani. Le directeur de  cabinet Didier Cauret précise en outre concernant le bac que l’organisation sera « plus compliquée que cela », faisant référence aux craintes des enseignants.

Déjà, la réforme étant nationale, elle ne bénéficiera pas d’adaptations « spécifiques à Mayotte ».
« En juin, il y aura la philo, ainsi que le grand oral. Au printemps, deux épreuves compteront respectivement pour 10% et 15% de l’épreuve, selon les choix de l’élève. Et on aura toujours l’épreuve anticipée de français en première, qui compte pour 10%. Ainsi le contrôle continu comptera pour 40% de la note au cours de tout le cycle première-terminale. » Et de rappeler que les modalités de ce contrôle continu ne sont « pas encore arrêtées ». Un arbitrage en conseil des ministres le 14 février devra trancher entre trois propositions différentes. A l’échelle nationale, les syndicats comptent donc encore bien peser dans la balance.

Y.D.

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