Politique Société Economie Education Faits Divers Océan Indien Environnement Santé Loisirs Sport


Justice


Un deux roues peut en cacher un autre

Publié le jeudi 28 décembre 2017 à 6:00
Aucun commentaire

Sur son vélo, la victime encore insouciante de son funeste destin, absorbée par les écouteurs vissés aux oreilles. Venant par l’arrière un scootériste alcoolisé et sans grande connaissance du Code de la route. La rencontre a été fatale. Le cycliste est percuté par le deux-roues motorisé et perd la vie le mois suivant. L'accident était jugé mercredi en audience correctionnelle.

IMG_4715

Le procureur dans la salle d’audience

Sous contrôle judiciaire depuis l’accident, Mohamed est toujours qualifié par son entourage, ses amis, son quartier mais également par la famille de la victime comme une personne gentille et serviable. Les faits remontent à avril 2014, il a involontairement causé la mort d’une personne. Il emprunte le scooter de son ami, les clés sont dessus, il est autorisé à l’emprunter malgré une méconnaissance des règles élémentaires de la sécurité routière et un état d’ivresse manifeste.

Quelques centaines de mètres suffisent à ce que le pire scénario se produise. Devant lui allant dans la même direction un cycliste bien visible sur la route à double sens de la rue Saïd Kafé du quartier de M’tsapere. Un coup d’accélérateur un peu trop vif pensant que le vélo se préparait à tourner à gauche, arrivé à son niveau le cycliste ne bifurque pas, il est toujours sur la même voie, Mohamed double par la droite, percute le pédalier et c’est le drame. La victime décèdera d’un traumatisme crânien en mai 2014.

Célibataire au moment des faits, le prévenu est désormais en couple avec un enfant de sept mois. Une enquête de personnalité de décembre 2014 ne révèle rien d’alarmant. Il avait perdu son père peu avant l’accident, s’était mis à consommer un peu plus d’alcool que d’habitude. Il mesure parfaitement la gravité de son comportement. Mohamed est prêt à assumer. Il se tient droit, les mains jointes en bas du dos, il s’exprime… « J’ai arrêté de boire depuis l’accident mais je n’étais pas alcoolique, le klaxon du scooter ne marchait pas… ».                                                                                                                     Le président du Tribunal le coupe, perplexe, et relit la déposition de plus de trois ans qui mentionne que le scootériste avait bien déclaré klaxonner. À peine désarçonné le prévenu à la barre de rétorquer : « C’est lui qui a fait l’erreur, c’est pas moi, je roulais un peu trop vite mais je sais pas à combien, j’ai klaxonné mais je crois que ça marchait pas… ».

« Dieu n’a rien avoir dans tout ça »

Le ton n’est pas désinvolte mais semble un peu agacer le procureur. Le parquet rappelle immédiatement au jeune homme à la barre les six bières consommées avant de prendre le scooter voyant qu’il cherchait plus ou moins à se justifier et à creuser du côté du destin et de la fatalité. Cette fatalité semble faire l’unanimité du côté de M’tsapere. Absente de l’audience, la mère de la victime ne s’est pas constituée partie civile. Selon les dépositions, elle semblait plus troublée par les 3000€ nécessaires à la récupération du corps de son fils.  Cette somme a été payée par Mohamed.

« C’est le destin, c’est Dieu qui l’a voulu, je veux juste que cette procédure se termine » disait-elle au moment de sa déposition.  Le prévenu rebondira assez aisément sur cette citation pour plaider encore une fois Dieu et le destin… « Je regrette d’avoir tué ce monsieur, je ne sais pas ce que je peux faire, je sais pas pourquoi ça m’arrive ». Ce qui fait immédiatement réagir un des assesseurs: « Le fait de ne pas avoir le permis aurait pu influencer l’accident ? » Non selon le prévenu. « Quelle est l’influence de l’alcool ? Fait-on des choses qu’on ne ferait pas si on n’avait pas bu ? »   Le tribunal, lui, ne compte pas engager la responsabilité du Tout Puissant… « Dieu n’a rien avoir dans tout ça, on ne parle pas d’un accident banal de la route, on parle d’un décès, il faut être sérieux ! » tonne le procureur. Le magistrat requiert contre le prévenu un sursis avec mise à l’épreuve de deux ans, une obligation de travailler, de se former et d’indemniser la famille endeuillée.

Me Simon plaide pour son client que « la faute à pas de chance » ça existe mais qu’il ne faut évidemment pas occulter la responsabilité pénale. Le rapport entre le prévenu et la famille de la victime ne s’est pas dégradé au fil des ans et d’ajouter que donner de l’argent ne calme pas la douleur. Mohamed ne veut pas échapper à la justice, il est toujours là depuis trois ans et n’a jamais raté une seule convocation.

Il est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et sa demande de non-inscription au casier judiciaire est rejetée.

NM

Laissez un commentaire sur l'article

Réagissez

Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire.



L'ACTUALITE EN BREF
HIER Votre agenda du week-end
HIER Nouvelle vague de violences ce vendredi matin au lycée de Kahani
HIER Mayotte se prépare à un exercice cyclonique la semaine prochaine
HIER Mayotte En marche avec les Outre-mer
2 jours Berguitta : scènes de dévastation à la Réunion
2 jours Coupure d’eau à Ouangani à la suite d’une casse
2 jours Et si vous deveniez animateur sportif ?
2 jours Air Austral compte sur une réouverture des aéroports de La Réunion ce vendredi
2 jours Hausse des prix de 0,2% en décembre

MAGAZINE
Rotary VIH
Le Rotary Club offre 1500€ pour la lutte contre le VIH à Mayotte. L’association nous a ouvert ses portes


CARNET DE JUSTICE
L’élection de Ramlati Ali annulée par le Conseil Constitutionnel
Dealers de bangué « c’était ça ou voler »
Quatre ans ferme pour le chef d’un réseau de kwassas
Deux grévistes de MayCo échappent de peu à la prison
Âgé de 24 ans, il a un bébé avec une collégienne de 12 ans
Une enquête ouverte suite au glissement de terrain fatal à Koungou
Victime de violences conjugales, elle menace de « tuer l’enfant » si son compagnon va en prison
« La paralysie du Tribunal de travail de Mayotte se confirme » pour le Medef Mayotte


PORTRAITS
Djibril Cissé 2
Djibril Cissé « Renvoyer l’ascenseur aux jeunes serait une bonne action »



Peugeot Partner

6 500€

Sun Odyssey 45.2

Baisse de prix
65 000€

Offre d'emploi

RESPONSABLE COMPTABLE ET FINANCIER


LA METEO A 5 JOURS
météo
28°
26°
tiempo.com  +info

JDM EN PDF


L'AGENDA
Pas de Évènements


HORAIRES DES BARGES
Petite terre - Quai Issoufali
  • Toutes les 1/2 heures
    de 05h30 à 20h00
  • Toutes les heures
    de 20h00 à 00h00
Grande terre - Gare maritime
  • Toutes les 1/2 heures
    de 06h00 à 20h30
  • Toutes les heures
    de 20h30 à 00h30

LE JOURNAL
SUIVEZ NOUS
LE JOURNAL