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Fait divers


Décès d’un enfant à Majicavo: La mairie veut tirer les enseignements du drame

Publié le mercredi 11 janvier 2017 à 18:04
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Après le décès d’un enfant, enseveli la nuit dernière dans l’effondrement du banga de sa famille à Majicavo, la mairie a organisé une réunion de crise. Un arrêté de péril imminent est pris par la commune.

Koungou: Réunion de crise autour du maire Assani Saindou Bamcolo

Koungou: Réunion de crise autour du maire Assani Saindou Bamcolo

« Une réunion d’urgence parce que des vies sont en danger ». Pour le maire de Koungou, Assani Saindou Bamcolo, pas question de faire comme si rien ne s’était passé. La nuit dernière, un enfant de cinq ans est mort à Majicavo. Après de fortes pluies, un mur de soutènement en pneus a cédé sous la pression, emportant avec lui le banga qui s’élevait juste au-dessus. L’habitation de fortune s’est effondrée sur un autre banga en même temps qu’une masse de boue.

Si quatre membres de la famille sont sortis indemnes de l’incident, un enfant de 5 ans est donc décédé. Il a été dégagé des décombres et de la boue par les pompiers qui n’ont pu que constater son décès.

La mairie de Koungou a rapidement réagi. Sur place après le drame, l’équipe municipale a ensuite organisé une réunion de crise dans l’après-midi, avec la gendarmerie, le chef de cabinet du préfet et la DEAL pour tenter de tirer les enseignements de cet événement tragique.

Péril imminent

Première mesure: Assani Saindou Bamcolo prend un arrêté de péril imminent qui devrait entrer en vigueur dès demain. Il concerne particulièrement dans les zones touchées par les ruissellements des pluies. Il s’agit bien évidemment que d’autres banags ne s’écroulent emportant avec eux leurs habitants.

Gendarmerie, police municipale, préfecture, DEAL, BRGM... Ensemble pour éviter qu'un drame se reproduise

Gendarmerie, police municipale, préfecture, DEAL, BRGM… Ensemble pour éviter qu’un drame se reproduise

Le BRGM (Bureau de recherche géologique et minière) va effectuer des missions sur l’ensemble de la commune de Koungou pour repérer les bangas qui risquent de s’écroule . Cinq ont déjà été répertoriés. Ils se trouvent dans l’alignement de celui qui s’est effondré. Ces habitations se trouvent sur un talus difficilement stabilisés par des pneus empilés, « sans aucune technique constructive », selon Jean-Pierre Lejeune, du BRGM. Selon les premières estimations, une quinzaine d’autres seraient immédiatement concernés.
Le talus, de ce terrain appartenant à la Colas, devra être consolidé pour éviter d’autres glissements.

La solidarité pour reloger les familles en danger

Conséquence, les familles qui logent dans ces bangas vont donc être invités à quitter leurs habitations dangereuses. Le problème immédiat qui se pose est donc celui du relogement. Si la préfecture est un peu prise de court, la mairie évoque plusieurs pistes. Très sérieusement, le maire propose de reloger temporairement les familles ainsi délogées dans les écoles… fermées pour cause de grève. La solution de containers est également évoquée.

Stéphanie Simonet, la directrice du projet de renouvellement urbain à Majicavo, a indiqué que la Croix rouge et Solidarité Mayotte ont déjà été contactées, mais ne disposent pas d’hébergement temporaire pour une quinzaine de familles.

Un appel à la solidarité est donc lancé.

Inquiétudes pour la suite

Tous les acteurs présents lors de cette réunion de crise ont fait part de leur crainte pour la suite de la saison des pluies. Il ne s’agissait en effet que du premier jour de grosse pluie et déjà une maison s’écroule. Les prochaines semaines s’annoncent peut-être difficiles, d’autant que le PPRN, plan de prévention des risques naturels, de Koungou n’a pas encore été validé.

Ce plan répertorie dans le détail les zones soumises aux différents aléas, dont les zones menacés d’éboulement ou de risque d’inondation. Ce travail n’est pas encore aboutit et son absence rend difficile la possibilité d’interdire aux gens de construire des logements précaires sur des terrains pourtant dangereux.

En attendant ce travail de long terme, une quinzaine de familles vont rapidement être à la recherche de solution d’hébergement.

La rédaction
www.lejournaldemayotte.com

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