Politique Société Economie Education Faits Divers Océan Indien Environnement Santé Loisirs Sport


Justice


Diffamation présumée: La Somaco et ses dirigeants réclament 90.000€ à France Mayotte Matin

Publié le jeudi 9 juillet 2015 à 5:00
Aucun commentaire

CARNET DE JUSTICE DU JDM. L’article remonte au 9 mars dernier. Le quotidien France Mayotte Matin (groupe Kwezi) publie ce jour-là l’interview de David Weber, un ancien salarié de la Somaco, qui dénonce les conditions de travail et de vente au sein du groupe de distribution.

Porte de la salle d'audience du TGI de MamoudzouLe couple à la tête de la société, «Sam» Aziz Akbaraly et son épouse Caoneine, estime que ce contenu porte atteinte à son honneur et à celle de sa société. Il porte plainte pour diffamation et ce mercredi matin, Patrick Milan en sa qualité de directeur de la publication et responsable de la société Edimay, Samuel Boscher en tant que journaliste et David Weber se retrouvent sur les bancs des accusés.

Face à eux, la Somaco et ses dirigeants font intervenir un avocat parisien spécialiste de ce type d’affaires, Me Morain, associé pour l’occasion à Me Konde. «Ce n’est pas un procès de la liberté d’expression ou de la liberté de la presse. On parle d’un article qui veut faire passer pour une information ce qui n’est que cancan, rumeur et règlement de compte», commence Me Morain.

Pour l’avocat, si «les journalistes sont les chiens de garde de la démocratie», faire «des révélations», ça obéit à des règles : «chien de garde ou roquet, il faut savoir où on est.»

«Règlement de compte»

Ce sont 4 passages de l’article que la Somaco reproche à FFM. «On impute à la Somaco une infraction à la législation du travail, une corruption active, des faits de procédure douanière et une infraction à l’hygiène et à la sécurité du consommateur». Pour Me Morain, si la diffamation est «incontestable», «l’excuse de bonne foi» dont peut se prévaloir la presse ne tient pas dans cette affaire.

Salle d'audience du TGI de MamoudzouPour l’avocat, il s’agit bien d’un règlement de compte aussi bien de la part d’un salarié qui a quitté la société, que du groupe Kwezi qui veut «se faire la Somaco» après avoir perdu, en 2012, un procès au tribunal de commerce contre le groupe de distribution. Quant à l’enquête qui doit être «sérieuse et contradictoire», elle se résume pour l’avocat à deux coups de fils passés en vain aux dirigeants la veille de la publication.

Un débat sur la place publique

C’est évidemment tout autre chose que l’on entend lorsque Me Journiac prend la parole pour défendre David Weber. Elle raconte le parcours de son client au sein de la Somaco, devenu superviseur des magasins du groupe après 2 ans passés dans l’entreprise. C’est en 2013 que tout se serait gâté après son élection au comité d’hygiène. «Il a entendu les voix qui n’ont jamais osé parler», explique l’avocate, «la peur, le harcèlement, le temps de travail pas respecté, le flicage constant…»
Il aurait alors porté ces réclamations auprès de la direction. «En un an, il subit 11 mutations et il est discriminé à son tour», avant finalement d’être «mis au placard», affirme l’avocate.

Panneau salle d'audience TGI MamoudzouMe Journiac indique pourtant que David Weber ne porte aucune animosité contre la société et ses dirigeants. La meilleure preuve serait une longue lettre de 3 pages écrites au moment de quitter la société dans laquelle il affirme : «Je n’ai rien contre vous».

«Il choisit la voie de la presse pour raconter ce qu’il a vu, une parole légitime après plus de 5 ans dans la société», relève l’avocate. Il n’y a «aucune expression outrageante» mais uniquement «des faits». Evoquant «les Mahorais et les clandestins qui jamais n’osent saisir le tribunal parce qu’ils ont des cartons de mabawas décongelés puis recongelés», «moi, je remercie M. Weber d’avoir porté ce débat sur la place publique», conclut l’avocate.

Les produits périmés

Vient enfin la plaidoirie de Me Kamardine qui défend FMM, Patrick Milan et Samuel Boscher. Pour lui aussi ce procès est important. Il doit permettre de définir «pour la presse, ce qu’on peut dire ou pas, pour la Somaco, ce qu’on peut faire ou ne pas faire.»
Il balaie les accusations de rancune et compte faire valoir la bonne foi de ses clients en déposant un sac de courses, faites à la Somaco, dont les produits présentés comme périmés viendraient «confirmer les pièces antérieures.»

Pour le bâtonnier, l’article relève d’un sujet d’intérêt général et il est normal que la presse puisse évoquer les comportements et les responsabilités du N°3 de la distribution à Mayotte.

La Somaco réclame 50.000 euros de dommages et intérêts et 20.000 euros pour chacun des deux dirigeants, soit un total de 90.000 euros. On connaîtra le verdict le 9 septembre.
RR
Le Journal de Mayotte

Tagged under , , , , , , , ,
Laissez un commentaire sur l'article

Réagissez

Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire.



L'ACTUALITE EN BREF
14:53 Koungou ; travaux prévus au rond-point de Majicavo Lamir
14:51 Mamoudzou : travaux à Doujani à partir de lundi
11:39 Des manifestants bloquent la barge et l’amphidrome
HIER La manif des transporteurs scolaires converge vers Mamoudzou
HIER Grève de l’intersyndicale de l’Education ce jeudi : UNSA rejoint la FSU
HIER La France Insoumise : des mesures pour la jeunesse de Mayotte
HIER Le patrouilleur Le Malin intercepte un palangrier en infraction de pêche
2 jours Perturbation de la distribution d’eau potable ce mercredi soir à Ouangani
2 jours Législatives partielles : La France Insoumise investit Abdullah Mikidadi et Christine Raharijaona

MAGAZINE
Les bénévoles décidés à s'investir pour leurs quartiers respectifs
Depuis Bandrajou, la mobilisation populaire contre la délinquance fait tâche d’huile


CARNET DE JUSTICE
Koungou : torturé et pendu pour une télé volée
Le président du tribunal salue « des résultats satisfaisants »
Les juristes se mobilisent pour une justice plus proche des « plus défavorisés »
Le voleur récidiviste accuse « Belmondo » et prend 10 mois
Mouvement des magistrats ce jeudi contre les projets de réforme de la Justice
Accident mortel : deux ans avec sursis pour le conducteur fautif
« Look-like », ces escroqueries par centaines qui empoisonnent les compagnies aériennes
Sur Facebook, des gendarmes outragés… par un de leurs collègues


PORTRAITS
Joachima salimé portrait
Joachim Salime, une « tête bien faite »



Peugeot Partner

6 500€

Sun Odyssey 45.2

Baisse de prix
65 000€

Offre d'emploi

RESPONSABLE COMPTABLE ET FINANCIER


LA METEO A 5 JOURS
météo
28°
25°
tiempo.com  +info

JDM EN PDF


L'AGENDA
Pas de Évènements


HORAIRES DES BARGES
Petite terre - Quai Issoufali
  • Toutes les 1/2 heures
    de 05h30 à 20h00
  • Toutes les heures
    de 20h00 à 00h00
Grande terre - Gare maritime
  • Toutes les 1/2 heures
    de 06h00 à 20h30
  • Toutes les heures
    de 20h30 à 00h30

LE JOURNAL
SUIVEZ NOUS
LE JOURNAL