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Centenaire 1914-1918


Il y a 100 ans, la Première guerre mondiale dans l’océan Indien. Episode 1/5

Publié le dimanche 10 août 2014 à 17:11
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Alors que le monde entier commémore le centenaire de la Première guerre mondiale, le Journal de Mayotte vous propose de (re)découvrir le conflit comme l’ont vécu nos ancêtres de l’océan Indien. C’était chez nous, il y a 100 ans.

1er épisode : Vivre à Mayotte en 1914, province de la colonie de Madagascar

Le quai de Petite Terre à Dzaoudi au début du 20e siècle (

Le quai de Petite-Terre à Dzaoudzi au début du 20e siècle
(Crédits photo: Archives départementales de Mayotte, Tous droits réservés. ADM 1Fi 171)

A Mayotte, la vie quotidienne en 1914 est bien difficile à imaginer tant elle est éloignée de notre quotidien, 100 ans plus tard. L’île abrite probablement moins de 10.000 habitants (212.000 officiellement en 2013) et s’est déjà transformée. Des voies de communication ont été dessinées, la nature difficile a été domptée, Mayotte est devenue une colonie agricole.

Alors que l’administration et les premiers colons (Européens mais surtout descendants de Réunionnais) se sont installés sur Petite-Terre, depuis quelques décennies, certains vivent dans leur plantation. Quelques-unes des belles vallées qui bordent le littoral de Grande-Terre se sont couvertes de cocoteraies, de plantations de café mais surtout de cannes à sucre.

Mayotte couverte de plantations

Autour des vastes champs de cannes, la vie s’est organisée. C’est le cas à Combani, où l’ensemble formé par la maison de maître, les maisons d’employés, l’usine à sucre, la distillerie, l’hôpital et les six magasins est très impressionnant. Depuis 1856, autour des plantations, des «villages de colonisation» ont vu le jour. C’est là que les Mahorais, salariés de ces exploitations agricoles, ont obligation de résider. Ils peuvent y travailler un «jardin de gratte», des cultures de manioc, de bananes et de cannes pour leur propre consommation.

Troupeau de boeufs à l'abreuvoir (Crédits photo: Archives départementales de Mayotte, Tous droits réservés. ADM 1Fi 147)

Troupeau de boeufs à l’abreuvoir
(Crédits photo: Archives départementales de Mayotte, Tous droits réservés. ADM 1Fi 147)

Les grands navires peuvent mouiller en face de la plupart des établissements et les chargements sont transbordés dans des chaloupes. Au total, l’industrie sucrière occupe près de 3.000 travailleurs et fabrique, chaque année, environ 4.000 tonneaux de sucre et jusqu’à 200.000 litres de rhum.

Géopolitique et convoitises coloniales

Mais en 1914, les choses ne vont pas si bien à Mayotte. La concurrence est de plus en plus rude avec les cultures de la Grande Comore et surtout de Madagascar où le pouvoir colonial français s’est installé durablement. Economiquement, c’est le début de la descente aux enfers économiques.

Politiquement aussi les choses ont changé. 1914, c’est l’application officielle du rattachement de Mayotte et des trois autres îles de l’archipel des Comores à la Grande Île. Les Comores deviennent une province de la colonie de Madagascar, ce qui signifie moins de budget et quasiment plus de présence militaire.

Mamoudzou au début du 20e siècle (Crédit photo: archives départementales de Mayotte, Tous droits réservés. ADM 1Fi 76)

Mamoudzou au début du 20e siècle
(Crédits photo: archives départementales de Mayotte, Tous droits réservés. ADM 1Fi 76)

Mais la région suscite de nombreuses convoitises de la part des autres puissances coloniales européennes. La guerre va rapidement les exacerber.
Mayotte, les Comores, Madagascar et La Réunion occupent en effet une place stratégique particulière, ils sont une vigie sur le trafic maritime qui transite aussi bien par le cap de Bonne-espérance que par le Canal de Suez.

Ces territoires français sont aussi les voisins de l’Afrique australe allemande (l’actuelle Tanzanie continentale) et de nombreux territoires sous pavillon britannique. En 1914, l’immigration en provenance des possessions anglaises (principalement de Maurice) inquiète d’ailleurs les autorités coloniales qui considèrent les Britanniques comme une menace sur la présence française.
Le Japon occupe aussi les esprits : en 1913, le croiseur japonais Konga de passage dans la région fait craindre des convoitises nipponnes sur la zone.

Premières hostilités dans le Canal du Mozambique

A partir d’août 1914, après la déclaration de guerre, les positions se radicalisent. Tout est fait par exemple pour éloigner les colons allemands. Un paquebot norvégien est réquisitionné pour expulser 22 Allemands de Nosy Bé. Car, rapidement, les autorités allemandes décident de déployer une flotte de guerre dans la région, en particulier autour de Zanzibar, île alors contrôlée par les Britanniques.

Le boulevard des crabes à Dzaoudzi (Crédits photo: Archives départementales, Tous droits réservés. ADM1Fi70)

Le boulevard des crabes à Dzaoudzi
(Crédits photo: Archives départementales, Tous droits réservés. ADM1Fi70)

Dans les territoires français, on se met en position de défense. A Madagascar, les autorités craignent un bombardement des ports voire un débarquement. Même chose à La Réunion.

Dans la région, la guerre débute réellement sur le continent africain. Les troupes du protectorat britannique de l’Ouganda lancent un assaut sur les avant-postes allemands situés sur le Lac Victoria. Dans le Canal du Mozambique, c’est le croiseur allemand Koenigsberg qui sème la panique. Aperçu à proximité de Majunga le 30 août 1914, il va être l’enjeu d’une des plus grandes batailles navales de la Première Guerre mondiale. Pris en chasse par des croiseurs britanniques à proximité d’Anjouan, il sera finalement coulé en 1915 au large des côtes du Tanganyika (l’actuelle Tanzanie).

Pour l’instant, nos ancêtres, habitants de la région, sont spectateurs du conflit qui implique les puissances européennes. Ils vont bientôt en devenir les acteurs.

RR
Le Journal de Mayotte
avec les Archives départementales de Mayotte

Demain : Il y a 100 ans, épisode 2/5. La mobilisation des soldats et le départ pour l’Europe

Le Dossier «Mayotte et sa région dans la Grande Guerre» édité par le service éducatif des Archives départementales sous la responsabilité du conseil général de Mayotte est toujours proposé à la vente.

Les documents photographiques ont été gracieusement mis à disposition par les Archives départementales de Mayotte (Tous droits réservés).

Le JDM remercie également l’historienne Isabelle Denis pour ses précieuses connaissances.

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