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Centenaire 1914-1918


Il y a 100 ans, la Première Guerre mondiale dans l’océan Indien. Episode 2/5

Publié le lundi 11 août 2014 à 16:57
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Alors que le monde entier commémore le centenaire de la Première guerre mondiale, le Journal de Mayotte vous propose de (re)découvrir le conflit comme l’ont vécu nos ancêtres de l’océan Indien. C’était chez nous, il y a 100 ans.

2e épisode : La mobilisation des soldats et le départ pour l’Europe

Transport de l'eau par un garde "indigène" à Mayotte au début du 20e siècle (Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi 68)

Transport de l’eau par un garde « indigène » à Mayotte au début du 20e siècle
(Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi 68)

Les habitants de l’océan Indien français ont été mobilisés dès le début de la Première Guerre mondiale mais en plusieurs étapes.
Tout commence à La Réunion. Deux jours après l’ordre de mobilisation générale en Métropole en août 1914, l’île Bourbon mobilise à son tour. La réponse est massive, La Réunion s’apprête à participer franchement à l’effort National.

Très vite, le paquebot Djemnah des Messageries Maritimes est réquisitionné. Il emporte un millier d’hommes en direction de Madagascar, moins d’une semaine après la déclaration de guerre. L’étape de Diego Suarez est obligatoire car à La Réunion, ces hommes n’ont pas eu les moyens de s’habiller, ni de se former. Ils y resteront jusqu’au départ du premier contingent vers la Métropole en mars 1915.

Dans la colonie de Madagascar dont dépendent désormais les quatre îles de l’archipel des Comores, l’ambiance est bien différente et le sentiment patriotique est beaucoup plus diffus. Parmi les colons, Réunionnais et Métropolitains, peu de personnes sont mobilisables. Ils sont en effet peu nombreux, environ 200, à vivre par exemple à Mayotte. Quant à l’engagement des Mahorais et de «troupes indigènes» en général, le ministère de la guerre à Paris est d’abord réticent.

Comment les musulmans vont-ils se comporter ?

L'ancien Sultan des Comores est sollicité pour garantir la fidélité des soldats à la France (Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi 11)

L’ancien Sultan des Comores est sollicité pour garantir la fidélité des soldats à la France
(Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi 11)

Les questions budgétaires sont, déjà, sensibles et l’aventure pourrait être un gouffre financier.
Mais surtout, les autorités coloniales françaises ne savent pas comment la population musulmane de la Province des Comores va réagir face à un conflit qui oppose la France, non seulement à l’Allemagne mais aussi à la Turquie alors dirigée par le Calife d’Istanbul. Mehmed V, sultan ottoman, est en effet une autorité religieuse dont les prises de positions peuvent influencer l’ensemble du monde musulman.

Depuis Tananarive, décision est prise de faire intervenir l’ancien sultan des Comores Saïd Ali, qui adresse alors une proclamation à la population dans laquelle il invite à la fidélité envers la France «qui n’a jamais cessé de protéger et d’aider les musulmans ainsi que de respecter notre noble religion».

Ensuite, l’idée d’envoyer des Mahorais ou des Comoriens combattre les Allemands en Afrique est écartée. Là encore, les autorités ne savent pas comment ces troupes réagiraient face à des soldats africains, d’autant que des Comoriens, immigrés au Tanganyika (actuelle Tanzanie), ont été incorporés par l’armée allemande.

Recrutement dans les villages

Mais la situation sur le front européen va tout changer. Face aux pertes humaines considérables, la France lance finalement la mobilisation des soldats de l’océan Indien.

Des recrutements sont effectués dans tous les villages de l’archipel : les hommes préalablement sélectionnés par les chefs de villages passent devant les médecins militaires qui doivent choisir les plus valeureux… et les non-malades, ce qui écarte de nombreux de prétendants. Plus de 50% des hommes présentent des restes de tuberculose, des problèmes dentaires ou de colonne vertébrale.

Le Grand vapeur Djemanh en rade de Mayotte vue depuis l'actuelle ville de Mamoudzou (Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi223)

Le Grand vapeur Djemnah en rade de Mayotte vue depuis l’actuelle ville de Mamoudzou
(Crédits photo: Archives départementales de Mayotte. Tous droits réservés. ADM 1Fi223)

Autre phénomène marquant, la présence de très nombreux Grands-comoriens. A cette époque, les conditions de travail et de vie des «autochtones» sont particulièrement difficiles en Grande Comore. Les hommes espèrent donc se faire recruter pour toucher la prime d’engagement : 500 francs de l’époque, une somme énorme pour eux.

Les paquebots à vapeur réquisitionnés

Des hommes toujours plus nombreux quittent ainsi leur terre natale. Tour à tour, l’ensemble des grands vapeurs des messageries maritimes est réquisitionné. Les engagés de l’archipel des Comores transitent tous par Dzaoudzi, chef-lieu de la Province, en direction de Majunga ou de Diego Suarez. Ensuite, dans une organisation comparable aux taxis de la Marne, de grands navires emmènent les troupes coloniales combattre l’ennemi en Europe.

Au total, à Madagascar et «ses dépendances», ce sont plus de 42.000 hommes qui sont recrutés et 34.000 envoyés en Métropole. L’archipel des Comores assure à lui seul 1.300 recrues dont environ 250 Mahorais.
A La Réunion, 14.423 jeunes gens sont mobilisés, près de 10% de sa population !

A l’arrivée en France métropolitaine, c’est la ville de Marseille que découvrent les troupes, en débarquant sur les quais de la Compagnie des Messageries maritimes avant d’être envoyées vers le camp militaire de Saint-Raphaël pour débuter leur «acclimatation».
Ils connaîtront bientôt le front et pour certains d’entre eux, l’enfer.

RR
Le Journal de Mayotte
avec les Archives départementales de Mayotte

Demain : Il y a 100 ans, épisode 3/5. L’enfer sur le front.

A revoir:
Episode 1/5 : Il y a 100 ans. Vivre à Mayotte, Province de la colonie de Madagascar

Le Dossier «Mayotte et sa région dans la Grande Guerre» édité par le service éducatif des Archives départementales sous la responsabilité du conseil général de Mayotte est toujours proposé à la vente.

Les documents photographiques ont été gracieusement mis à disposition par les Archives départementales de Mayotte (Tous droits réservés).

Le JDM remercie également l’historienne Isabelle Denis pour ses connaissances précieuses.

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