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Langues maternelles : Pas d’évolution de leur enseignement à Mayotte

Publié le jeudi 23 février 2017 à 14:35
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Shimaore na shibushi attendent toujours leur heure de gloire, celle où ces langues seront inscrites dans des programmes scolaires. La vice-recteur se dit favorable, pour peu que ce soit cadré. Des expérimentations sont mises en place.

Marelle école enfantsMourir pour sa langue maternelle… Tous les acteurs de la Journée Internationale de la langue maternelle (JILM) qui se tiendra samedi à Chirongui (Lire Programme JILM 2017), n’en sont pas au combat des étudiants bangladeshi qui avaient trouvé la mort en 1952 Dhaka (Bangladesh) pour avoir protesté contre l’imposition de l’Urdu en tant que langue nationale, eux qui parlaient le Bangla. Leur action est à l’origine de cette JILM.

Car les mentalités de nos institutionnels à Mayotte ont bien évolué depuis les blocages du vice-recteur Cirioni lors du colloque sur le plurilinguisme animé par des pointures en mai 2010. Dès son arrivée, il y a prés de 3 ans, la vice-recteur Nathalie Costantini nous avait assuré de sa volonté d’avancer sur le sujet de l’utilisation, voire de l’enseignement des deux langues, le shimaore et le kibushi, à l’école.

Et pourtant, rien n’a évolué. Si le chercheur en linguistique Foued Laroussi fut le leader, Rastami Spelo, enseignant au CUFR et président de l’association Shime, y consacre son énergie : la langue maternelle assure un équilibre à l’enfant, et un pont vers la langue française. Une enseignante de primaire expliquait au JT de Mayotte 1ère combien il était difficile de faire comprendre aux enfants des notions abstraites en français, quand le passage par le shimaore le permet.

Du shimaore ou du chinois ?

50.500 élèves dans le 1er degré

Nathalie Costantini ne veut pas lancer un apprentissage à la légère

Nathalie Costantini explique les raisons de cet immobilisme : « Il faut avant tout que le shimaore et le shibushi soient considérées comme des langues. Si nous voulons nous appuyer sur les langues maternelles en dépassant le niveau de la bonne conscience, nous devons avoir quelque chose de structuré. Il faut travailler avec des linguistes, comme Rastami Spelo, et solliciter les parlementaires pour qu’ils définissent ce que sont ces deux langues. »

Elle illustre ses propos par un exemple : « Une année, un enseignant avait produit un imagier en langue régionale, qu’il avait soumis aux petites sections. Les enseignants n’en ont pas voulu, car c’est un shimaoré qu’ils ne comprenaient pas, issu de Grande Comore. J’ai besoin d’un document officiel qui explique ce qu’est cette langue, une langue régionale ? Une langue vivante étrangère ? On ne peut pas commettre d’erreurs, ce serait irresponsable. Et sans ce travail, impossible de proposer une de ces langues au Bac. »

Introduction par petites touches

La représentante de l’Education nationale évoque l’ancien support qu’était l’Enseignement de la Langue et de la Culture d’origine, l’ELCO, qui concernait six langues (l’arabe, l’espagnol, l’italien, le portugais, le serbe et le turc), et qui retraçait leur histoire, l’évolution de ses effectifs, l’organisation et le pilotage, les programmes, supports et pratiques pédagogiques et faisait un bilan de son évaluation.

En attendant que ce travail soit mené, la vice-recteur a proposé des modules de shimaore et de shibushi, « pour qu’au moins elles soient un outil comme le numérique pour améliorer la compréhension des élèves », et compte tester d’autres pistes.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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