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Stone Town, la porte d’entrée de Zanzibar

Publié le dimanche 13 juillet 2014 à 5:30
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La vieille ville de la mythique Zanzibar enferme à elle seule tout l’imaginaire d’une île aux innombrables influences culturelles. Ce dimanche, le JDM vous emmène en voyage.

La zone de déchargement des boutres à Stone Town

La zone de déchargement des boutres à Stone Town

Ce qui est bien lorsque l’on  arrive à Zanzibar par bateau, c’est d’accoster à Stone Town. La vieille ville de la capitale zanzibarite se dévoile en dépassant le cap sablonneux des frontières de la cité. D’un côté, un porte-conteneurs, sur l’unique place du port de commerce, de l’autre Mizingani Road, sur laquelle se détache dans l’arrière-plan des ruelles le vieux fort et le palais Beit-El-Ajaib.

Dar Es Salam est relié à l’île par plusieurs catamarans, filant à plus de 30 noeuds, moins typique que les nombreux boutres en activités autour de l’île, mais plus rapide ! En une 1h30, Stone Town s’ouvre à vous, sans plan ou sans guide, ce sera- au moins – le temps nécessaire pour trouver le chemin d’un hôtel dans le dédale de ruelles de la ville, égrainée d’échoppes artisanales, de spas, de restaurants, orné de portes-œuvre d’art et ponctué de minarets et du cloché de la cathédrale Saint-Joseph.

Le souvenir de l’esclavage

Un mélange des cultures qui plonge aussi le voyageur à l’époque du commerce triangulaire, une époque où Zanzibar était l’un des principaux ports de la façade de l’océan Indien pour la traite des Noirs. Comme un témoignage des fantômes du passé, à deux pas de l’église anglicane,  deux zones d’entassement des esclaves peuvent être visitées sur les treize existant alors au début du 19e siècle. Dans ces pièces sous-terraines de quelques  mètres carrés s’entassé au milieu des excréments, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants avant d’être vendu sur le marché aux esclaves.

Porte Stone Town

La monumentale porte du palais Beit- El-Ajaib

Aujourd’hui, ce sinistre commerce n’encombre plus la très vivante halle aux pêcheurs de la capitale de l’île aux épiques. Dès l’aube et jusqu’au soleil déclinant, c’est le ballet incessant des boutres de retour de pêche, dans un éclat des couleurs de bois de charpente, de coques multicolores et de voiles dorés au soleil. Des étales maritimes à mettre en appétit.

Le voyageur qui cherche à se sustenter devra passer, c’est immanquable,  par le marché de nuit aux Forodhani gardens, face au palais des merveilles enfermant un musée, actuellement clos pour travaux. Jus de canne accompagné de brochettes de puedza* ou de crevettes, et de multitudes de combinaisons, sont à négocier auprès des nombreux chefs, toque exubérante sur la tête, de cette cuisine à ciel ouvert. Les touristes sont nombreux, mais la population -relativement riche- de la vieille ville, vient également aux Forodhani gardens passer ses soirées en famille.

L’imaginaire de Rimbaud

Zanzibar, un nom inscrit dans l’imaginaire collectif, fantasmé par Rimbaud, sans qu’il ne s’y soit jamais rendu, attire les visiteurs du monde entier. Mayotte n’a pas assez de touristes, Zanzibar en a peut-être trop. Durant la haute saison, entre juillet et août, il est extrêmement difficile de trouver une place dans l’hôtel de son choix sans avoir réservé. Début juin, la forte saison des pluies passées, c’est probablement, avec les mois d’octobre et novembre, la période idéale pour une découverte des côtes de sable blanc, sans foule. Passé cette période, c’est toutes la planète qui débarque sur l’île. Zanzibar est depuis toujours un carrefour de civilisations, une zone d’échange et de commerce. Les ruelles de Stone Town témoignent du foisonnement culturel qui a construit l’île au cours des dernier siècles. On retrouve, dans cette véritable medina d’Afrique de l’Est le métissage des cultures swahili, arabe, indienne et européenne.

Il n'y a pas de voitures dans les ruelles de Stone Town, elles sont trop étroites !

Il n’y a pas de voitures dans les ruelles de Stone Town, elles sont trop étroites !

La meilleure illustration de ce creuset culturel est la musique traditionnelle zanzibarite, le taarab, poème chanté et syncrétisme des techniques musicales à travers le monde et les âges. Le violon répond à l’oud, le qanoun mélodise avec la guitare alors que le nay se lance dans des improvisations accompagnées de l’accordéon. Puisque tout part et arrive du port, il ne vous faudra que quelques mètres pour rejoindre des quais, l’ostensible façade de l’ancien dispensaire, abritant au 2e niveau du bâtiment un restaurant où un plat du jour musical est servi quotidiennement. Le tarrab est au menu le mercredi.

Axel Lebruman
Le Journal de Mayotte

De Mayotte : vol hebdomadaire vers Dar Es Salam avec Ewa-Air

* puedza : poulpe en swahili mais aussi en shimaore, langue dont les racines se situent en territoire swahili

 

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