28.9 C
Dzaoudzi
lundi 6 décembre 2021
AccueilEducationLes élus pour la dissolution du SMIAM… sous omerta

Les élus pour la dissolution du SMIAM… sous omerta

La construction d’écoles primaires est bloquée à Mayotte. Ce n’est pas faute pour l’Etat français d’y engager ses dépenses ou son énergie, mais les détournements et l’irresponsabilité politique œuvrent à l’échec collectif.

La croissance démographique nécessiterait au moins 100 salles de classe par an
La croissance démographique nécessiterait au moins 100 salles de classe par an

Interpellé par le député mahorais Ibrahim Aboubacar, sur les lacunes de l’Education nationale à Mayotte, le ministre Vincent Peillon a répondu en attaquant les maires sur la problématique des constructions scolaires en demandant «une prise de conscience des autorités locales». Un ministre au fait des pratiques locales…

Car la construction des salles de classe est la prérogative prioritaire du Syndicat Mixte d’Investissement et d’Aménagement de Mayotte. Le SMIAM n’assurant pas correctement sa mission, le préfet de Mayotte avait appelé il y a quelques mois à sa dissolution pour créer un Groupement d’Intérêt Public (GIP). Les maires avaient fait blocus, prétextant réorganiser la structure.

Mais depuis, plus rien. Aucune école ne sort de terre : «100% des délibérations du SMIAM sont retoquées par le préfet dans le cadre du contrôle de légalité et sont annulées par le Tribunal Administratif», explique Ibrahim Boinahery, maire de Tsingoni et président de l’Association des maires.

Car le SMIAM poursuit ses dérives «en ne respectant pas les procédures de passation des marchés, en utilisant le budget de l’Etat pour commander des études à répétition sur le même projet», commente le maire de Tsingoni, «et la commission d’appel d’offre continue à ouvrir des plis bien que l’un de ses membres ait démissionné».

«Toutes les constructions sont annulées pour 2015»

Les délégués communaux qui siègent au Syndicat ont été montrés du doigt par les maires qui n’osent pourtant pas les en chasser… à l’aube des élections municipales : «tous les maires sont unanimes sur la disparition du SMIAM, mais personne n’ose le dire tout haut !»

El l'existant n'est pas entretenu...
El l’existant n’est pas entretenu…

Et cette gigantesque politique de l’autruche appelle un arbitrage, celui de l’Etat : «le préfet peut constater le dysfonctionnement et dissoudre le syndicat. Nous nous répartirons le personnel». Et le GIP que préconisait Jacques Witkowski ? «Tout le monde veut l’intégrer en réalité !» Et d’un coup, le temps presse, pas question d’attendre les élections de mars sous peine de ne voir aucune programmation en 2015 : «tout est annulé. Seules deux écoles à Passamainty et Tsoundzou vont sortir de terre en 2014, représentant 50 salles de classe».

Et pour exemple des habitudes, le vieux briscard de la politique locale cite le chantier en contentieux sur Tsingoni, «pourtant toujours en cours. Lorsqu’il sera arrêté par le préfet pour illégalité, l’entreprise se fera payer avec dédommagement à la clef et il faudra ensuite réattribuer le marché, relancer la procédure, ce qui va doubler le coût final du chantier». A Koungou, une immobilisation avait coûté 1 million d’euros en intérêts moratoires, «on aurait pu construire une dizaine de salles de classes avec cette somme !» Là encore, c’est l’Etat qui paie…

Combien de temps la pensée que le recrutement assure d’une (ré)élection va-t-elle perdurer à Mayotte ? La paralysie qui s’ensuit ne plaide pas en faveur d’une image courageuse de l’élu.

Anne Perzo-Lafond

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Météo France, Mayotte

Mayotte en vigilance jaune pour les Orages aussi

0
Depuis ce week-end et ses grandes marées, Mayotte est placée en vigilance jaune vagues submersion. Météo France vient de rajouter une vigilance jaune pour...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

A Mamoudzou, un premier contrat local de santé pour rapprocher la santé préventive des...

0
Fini le chacun-pour-soi, vive la co-construction ; la prévention à la santé, à l'alimentation, la lutte contre les gîtes larvaires ou les rongeurs, la contraception et la lutte contre les addictions, sont autant de sujets relevant des communes, de l'ARS ou du Département. Avec le contrat local de Santé, Mamoudzou met les trois acteurs autour d'une même table pour gagner en efficacité dans la santé préventive. D'autres communes suivent le même chemin.

Évolution des prestations sociales : Madi Velou salue les avancées et appelle à aller...

0
C'est un des premiers à réagir aux annonces gouvernementales sur le début de rattrapage en matière de droits sociaux. Le vice président du Département chargé du social salue des avancées "qui vont dans le bon sens", mais demande des adaptations immédiates quand cela est possible
Emmanuel Macron, Elysée, François Guillotou de Kerever, Mayotte

Les maires de Mayotte d’une seule voix à l’Elysée

0
« C’est par la répétition que nous obtiendrons des réponses ». Les maires de Mayotte étaient reçus le 19 novembre par le conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Avec un enjeu : maitriser les dossiers pour se faire entendre
Gérald Darmanin, immigration, Manche, Angleterre,Mayotte,

G. Darmanin déploie l’artillerie lourde sur les côtes de la Manche pour lutter contre...

0
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce ce lundi des moyens supplémentaires pour les policiers et les gendarmes afin de « lutter contre l'immigration clandestine » sur les 130km de côtes les plus proches de l’Angleterre. Qui finance l’opération. De quoi faire rêver la PAF à Mayotte...

Violences sur mineurs : la parole se libère peu à peu malgré des pressions...

0
Le 32e anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant était l'occasion d'un colloque au CUFR. Le recteur et le procureur y ont exposé des chiffres glaçants, sans doute en deçà de la réalité. Les échanges ont aussi permis d'exposer des éléments culturels afin de faire tomber les barrières, et accélérer la dynamique de libération de la parole, à l'oeuvre depuis plusieurs mois.